La captation de l'eau ou les prémisses du réchauffement climatique
Cette histoire particulière de France Culture relate la destruction de plusieurs villages français des Hautes-Alpes pour faire de la Durance un gigantesque barrage pour produire de l'électricité et alimenter en eau les villes, sachant que quelques années plus tard, le remembrement allait raser au bulldozer les bocages pour faire place à d'immenses champs de cultures intensives bourrées de pesticides. Nous commençons à mesurer, avec les épisodes caniculaires liés au réchauffement climatique, les erreurs de cette politique.
Jean-Paul Alonso,
Saintes, le 31/06/2025
Lorsque le niveau du lac baisse,
Serre-Ponçon révèle d’étonnants vestiges, ceux de villages
rayés de la carte pour la construction du barrage, à la fin des
années 1950. Une histoire douloureuse qui a transformé tout un
territoire.
Pour qui se promène au bord du lac de
Serre-Ponçon, c’est une histoire quasi invisible. À peine une
chapelle, perchée sur un ilot émergeant, et un viaduc rappellent
que le lac n’a pas toujours été là. Avant sa construction, à la
fin des années 1950, il y avait, sous ses eaux, une vallée, des
villages, une gare et des instants de vie.
Roger Masse, 81
ans, est l’un des derniers témoins de cette époque, disparue sous
les eaux. Comme en pèlerinage, il revient régulièrement sur les
lieux de son enfance, à Ubaye, « village noyé », annonce un
discret panneau de bois le long de la route départementale. À la
fin de l’hiver, lorsque le niveau du lac est bas, il voit
réapparaître les vestiges du passé : un lavoir et une fontaine,
encore bien conservés, quelques morceaux de la route principale et
l’escalier de la maison de ses grands-parents, des témoins
éphémères de villages sacrifiés pour la construction d’un
barrage, au nom du progrès et du développement de toute une région.
France Culture, le 31/06/2025


