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08 février 2021

LE PILLAGE DU BIEN PUBLIC PAR LA MAFIA POLITIQUE

 LE PILLAGE DU BIEN PUBLIC PAR LA MAFIA POLITIQUE

« Mieux l’État est constitué, plus les affaires publiques l’emportent sur les privées [...]parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. » - « Sitôt que le service public cesse d’être la principale affaire des Citoyens, et qu’ils aiment mieux [se] servir de leur bourse que de leur personne, l’État est déjà près de sa ruine. » Jean-Jacques Rousseau (153, III-XV,p428-429)
2-19-0- Introduction : L’adjectif « public » renvoie à la notion de « bien public », de « bien commun », non plus cette fois des communs de la commune, qui permettaient aux villageois d’avoir accès à la terre pour cultiver ou faire paître leurs bêtes, de disposer d’un puits pour tirer de l’eau potable ou d’un four à pain, mais à des services et des biens à l’échelle d’un vaste pays unitaire ou d’une fédération d’États. Conformément aux traités, l’Union européenne ne possède aucun service public social européen.
Comme les biens communs d’autrefois, le secteur public n’a pas été conçu pour la rentabilité, mais pour assurer des services de qualité à l’ensemble de la population avec des subventions et des dotations. Nous avons vu au chapitre 1-20 que les hautes écoles nationales publiques forment les grands administrateurs en les indemnisant avec l’argent public, mais ces hauts cadres de l’Administration semblent avoir oublié que le secteur public a été conçu pour produire des services non marchands, afin de maintenir une certaine qualité de vie à toutes les populations des territoires français, grâce à la redistribution d’une partie des richesses nationales.
La constitution dit : « Le gouvernement dispose de l’Administration » (art. 20). Il existe les administrations publiques centrales, les administrations publiques locales et les administrations de sécurité sociale(insee.fr) qui sont toutes en voie de démantèlement. L’Administration publique en France dépend essentiellement du gouvernement, chaque ministre étant responsable d’un ou de plusieurs secteurs. Les ordres d’en haut descendent en cascade sur les millions de fonctionnaires.
L’Administration publique tire la majeure partie de ses ressources des contributions obligatoires. Même si l’objectif de rentabilité n’est pas prioritaire, un service public auquel tous les contribuables participent pour leur propre compte devrait être plus rentable que de multiples services privés en concurrence. Car le secteur public a pour vocation de servir l’intérêt général et non d’engranger des profits à court terme pour nourrir des spéculateurs. Le Traité de Lisbonne autorise la mise en concurrence des services publics avec le secteur privé sans imposer leur disparition, comme on l’entend souvent dire en France. L’article 2 du Protocole n°9 dit : « Les dispositions des traités ne portent en aucune manière atteinte à la compétence des États membres relative à la fourniture, à la mise en service et à l’organisation de services non économiques d’intérêt général. »
La casse du secteur public est un pillage organisé par la collusion des partis politiques avec les milieux d’affaires. Les directeurs des établissements publics nommés par l’État sont souvent à l’origine de faillites organisées pour apporter de l’eau aux moulins des privatisations. L’État renfloue les services publics avec l’argent des contribuables, avant de les offrir en pâture au secteur privé. Pour remettre l’intérêt général au cœur des services publics, les conseils d’administration devraient être élus par les fonctionnaires dans un cadre autogestionnaire (voir Livre 3). Les tarifs publics devraient être moins élevés pour les usagers que ceux des entreprises privées qui nourrissent des actionnaires qui attendent des profits du fond de leur lit.
Le pillage du bien public est effectué en grande partie par la fraude et l’évasion fiscales, qui alimentent les banques des paradis fiscaux. L’ONG Oxfam estime que l’optimisation et la fraude fiscales « coûtent chaque année 60 à 80 milliards d’euros à la France »1. Les patrons-voyous, plutôt que de payer leurs impôts dans le pays où sont implantées leurs sociétés, déclarent fiscalement leurs entreprises dans un paradis fiscal, ce qui les autorise à ne pas reverser les impôts qu’ils devraient verser aux administrations. Ce hold-up prive le trésor public d’une grande partie des rentrées fiscales qui devraient être redistribuées aux collectivités territoriales, c’est-à-dire aux travailleuses et aux travailleurs qui produisent les vraies richesses et aux plus déshérités d’entre nous.
L’État peut être le seul propriétaire du secteur public ou un actionnaire majoritaire. Une entreprise privée devient nationalisée et publique quand l’État en prend le contrôle. Deux raisons selon moi font que l’État peut développer ou acquérir une entreprise privée. 1- L’activité représente un intérêt général et l’État souhaite offrir ce service à un prix raisonnable ou gratuitement aux usagers. Exemple : les transports en commun gratuits permettraient de réduire l’empreinte carbone. 2- L’État sauve des emplois pour éviter des licenciements et un ralentissement de l’activité économique, ce qui revient à alléger la facture sociale. L’État pourrait demander l’avis du peuple par référendum en faisant appel à la contribution nationale pour sauver une entreprise ou développer des activités d’intérêt général, considérant qu’il redistribuera avantageusement ses services à toute la population. Une fois l’entreprise nationalisée, l’État peut remettre de l’ordre dans la gestion de l’entreprise et la revendre si elle n’est pas indispensable à l’intérêt général. Comme le peuple en est le propriétaire, l’État doit lui donner une priorité à la revente. Dans ces conditions, l’État remplirait pleinement son rôle de facilitateur de la vie des gens. C’est à peu près l’inverse que l’on constate aujourd’hui, pillage, faillite et désolation partout où l’État intervient, et sauvetage financier des grandes entreprises et des banques privées en faillite avec l’argent public ; c’est-à-dire le vol organisé et permanent des contribuables.
1- Latribune.fr, Jean-Christophe Catalon, 28/11/2017.
J'ai ajouté le graphique de la dette publique (paru dans mon livre), qui a explosé depuis le covid. En 2013, elle était de 1925 milliards d'euros (98% sur le graphique), aujourd'hui elle est de 2503 milliards (dettepublique.fr/).
Ce texte est le chapitre 2-19- Administration publique et Financement (livre Politeia - Traité de politique pour la démocratie et l'écologie, éd. 2020).

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