LE CONSOCAPITALISME
Ce mot manquait, j’ai dû l’inventer, il qualifie une société qui brûle la chandelle par les deux bouts. Explication :
Le terme capitaliste n’avait pas le même sens pour Marx que pour mes contemporains. Marx dénonçait l’exploitation sauvage du prolétariat par les patrons de la société industrielle naissante du XIXe siècle. Le « consocapitalisme » qualifie un phénomène apparu au XXe siècle dans les sociétés occidentales, où le prolétariat a acquis des droits et un pouvoir d’achat avec les luttes sociales. Mais avec la mondialisation néolibérale, le patronat contourne les règles sociales et environnementales occidentales pour accroître ses profits, en délocalisant la production dans des pays plus pauvres.
Une société consocapitaliste repose sur une économie capitaliste et le consumérisme sauvage, qui résulte du dumping social. Autrement dit, de très importants profits générés par la surconsommation de produits à bas coût importés. De plus, l’économie consocapitaliste exploite le prolétariat et les consommateurs du Monde entier, en générant de la pollution et des déchets, qui détruisent l’Environnement et la biodiversité. Les prolétaires miséreux ne sont plus en Angleterre ou chez nous, comme au temps de Marx, mais dans les pays pauvres que nous exploitons. Le consocapitalisme met l’accent sur la collaboration des consommateurs avec le capitalisme et la destruction de l’Environnement.
Depuis 1789, une vacuité, accompagnée d’une attente, réduit « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » à un rêve inaccessible. Les hommes de parti, qui font leur carrière dans la politique, s’affrontent pour le pouvoir, des mandats lucratifs et pour défendre les intérêts des trusts qui détiennent les médias et financent leurs campagnes. C’est ainsi que le capitalisme, qui semble le seul à donner un sens à une société devenue utilitariste, productiviste et marchande, a pris le pouvoir sans effort. Le capitalisme suit sa logique, celle des investissements privés et publics, de la finance, du marché et de l’asservissement des travailleurs et des consommateurs par la publicité et l’obsolescence programmée.
Le capitalisme ne s’est pas emparé du pouvoir par la force avec une poignée de révolutionnaires, comme l’ont fait certains groupes, nous le lui avons abandonné à grand renfort de lois, de règlements et de dérégulation votés par les parlements nationaux et le parlement européen.
Les grands capitalistes n’existeraient pas sans la collaboration active des consommateurs, qui se ruent sur tout et n’importe quoi, sans mesurer les conséquences désastreuses de leurs actes. C’est l’absence d’une réelle proposition démocratique innovante qui valide en creux le capitalisme. Pourtant, l’éducation a élevé le niveau des connaissances générales, la médecine a augmenté l’espérance de vie, le machinisme et les nouvelles technologies appliqués raisonnablement peuvent encore libérer plus de temps libre. La femme et l’homme modernes disposent de tous les atouts pour réaliser une société heureuse, sans avoir recours à l’exploitation de leurs semblables, à la spoliation des pays du sud, à l’épuisement des ressources naturelles, à la destruction de l’Environnement et au réchauffement climatique.
En quête d’informations, au fil de mes rencontres, de mes lectures, de mes écoutes radiophoniques et de documentaires, j’ai pris conscience de la méconnaissance générale de la politique et de l’économie chez mes contemporains, en commençant par moi-même. Après onze années d’études assidues, j’ai donc accordé une grande place dans cet ouvrage [Politeia] aux prérequis, à l’histoire, à l’actualité et à l’état de notre planète, avant de faire des propositions plus précises. Politeia démontre que les connaissances théoriques et les pratiques utiles pour réaliser la France, l’Europe et le Monde que tout le monde attend sont à portée de main. Il suffit d’insuffler de nouveaux idéaux aux populations pour construire un Monde meilleur, comme j’ai commencé à le faire dans le Guide.
Extrait de Politeia, éd. 2020, Jean-paul Alonso
Posté le 4/01/2021 sur Facebook


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