DE LA HOLLANDIE À LA MACRONIE
DE LA HOLLANDIE À LA MACRONIE
En mars 2015, sous la présidence Hollande, on aura vu plier pour la énième fois de l’histoire un gouvernement socialiste aux injonctions de la Commission européenne avec la loi Macron, passée en force avec l’article 49-3 (1). Une motion de censure (2) a été déposée par l’opposition, mais elle n’a pas obtenu la majorité absolue ou les 289 voix utiles sur les 577 députés. Le texte de loi présenté comme étant d’Emmanuel Macron, est un fourre-tout de 308 articles qui a été fort apprécié par le Medef (Mouvement des entreprises de France).
Et on peut s’interroger, vu le parcours de Macron chez Rothschild, si ces mesures n’ont pas été directement dictées par les milieux d’affaires (3). La loi du travail de 2016, qui a déclenché de fortes contestations, est passée également en force sous la présidence Macron en 2017. La vigilance citoyenne a bien disparu du paysage politique français.
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Face à l’urgence humanitaire provoquée par les migrations, les médias français semblaient servir l’agenda de campagne du Président Hollande, alors qu’en Allemagne, la Chancelière Angela Merkel faisait preuve de courage. Le 7 juillet 2016, la chambre basse du parlement allemand (Bundestag) a voté une loi pour répartir dans toutes les communes allemandes les migrants qui arrivaient en masse sur son territoire, mesure critiquée par les médias et les partis xénophobes allemands. La France, pendant ce temps, a laissé s’entasser les migrants dans des campements de fortune.
Le discours du Président Hollande le 26 septembre 2016 à Calais a été largement filmé et diffusé par les médias et habilement calé dans l’agenda préélectoral : « Nous devons démanteler complètement, définitivement le camp », il faut « assumer ses devoirs, mais aussi prendre ses responsabilités » a-t-il déclaré. Plus d’un million de demandes d’asile ont été enregistrées en Allemagne pour la seule année 2015 (4). Chez nous, le temps électoral semble plus important que le temps humanitaire ; nous touchons le degré zéro de la politique et de l’information.
Mais, doublé sur sa droite par Emmanuel Macron, présenté par la presse comme étant son « hémisphère droit » en janvier 2014, François Hollande ne s’est pas représenté en 2017. Le Parti socialiste a quasiment disparu sous les décombres de sa politique.
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La démocratie demande du temps, un projet de loi doit être discuté, voire amendé avant d’être approuvé par le vote du parlement et recevoir l’approbation des citoyens. Depuis les attentats survenus en 2015, la France est en guerre (propos du président Hollande) et le gouvernement a poursuivi un état d’urgence renouvelé jusqu’en novembre 2017.
Ces mesures d’exception sont du pain béni pour les partis d’extrême droite qui entretiennent l’exclusion et la haine des étrangers, en détournant les raisons des problèmes de notre société, du sous-emploi et nos chances d’y remédier. De plus, les principales mesures liberticides de l’état d’urgence ont été transcrites dans la loi en octobre 2017, ce qui dénote que la France tourne le dos aux réformes utiles.
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Dans son livre Un Président ne devrait pas dire ça(2016), l’ex-Président Hollande, qui se présentait comme « un Président normal » en 2012, accuse la justice française d’être une « institution de lâcheté ». Le premier magistrat de la Cour de cassation, Monsieur Bertrand Louvel, a réagi dans ces termes : « Ces outrances renouvelées, à l’encontre du corps judiciaire, posent un problème institutionnel. Il est plus que temps que le pays se saisisse de la question essentielle de la place dans les institutions de l’autorité judiciaire afin que celle-ci s’émancipe enfin de la tutelle de l’exécutif, où la maintient une tradition monarchique d’un autre temps, inadaptée dans une démocratie moderne. (5)»
C’est d’autant plus inquiétant que le Président est le premier magistrat de la République [doté des prérogatives constitutionnelles d'un monarque], et qu’il faut de tels incidents pour que la marque de fabrique de cette institution scélérate surgisse dans les médias. Tout continue en France comme si rien ne s’était passé et comme si nous n’avions rien entendu.
Sommes-nous dans une voyoucratie ou une idiocratie ?
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Extraits divers de Politeia, éd. 2020, Jean-Paul Alonso.
Posté le 06/01/2021 sur Facebook
Notes :
1- Martine Bulard rappelle dans Le Monde diplomatique d’avril 2015 – note 4 de la page 5 – qu’en février 2006, François Hollande à l’Assemblée nationale, reprochait au gouvernement de droite de Dominique de Villepin, en l’accusant de « déni de démocratie », d’avoir recours au 49-3 pour faire passer le Contrat première embauche (CPE).
2- 1/10e des députés ou 58 d’entre eux suffisent pour déposer une motion de censure.
3- Déjà en 1973, sous le Président Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild, le ministre des Finances, V.G. d’Estaing, privatise la création monétaire, en modifiant les statuts de la Banque de France avec la loi 73-7, qui lui interdit de faire des avances ou des prêts à l’État. En 1992, cette règle est étendue à la BCE et aux Banques Centrales Nationales de l’UE avec l’article 104 du Traité de Maastricht ; l’article 123 du Traité de Lisbonne reprend le libellé de l’article 104.
4- Lemonde.fr, 15 mars 2016.
5- Propos retransmis sur France Inter, le 13 octobre 2016, au journal de 18h



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