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15 février 2025

Un monde poutino-trumpien !

Recension Jean-paul Alonso du livre Notre homme à Washington - Trump dans la main des Russes, de

Régis Genté, aux éditions Grasset, paru en janvier 2025, que je qualifie comme étant la mise en lumière d'une mafia internationale à la tête du monde.


Donald Trump a entretenu pendant plus de 40 ans des relations avec des diplomates, des espions, des mafieux et des oligarques russes autant sous l’URSS que la Russie. Cette collaboration lui a permis de prospérer autant dans ses affaires de promoteur immobilier new-yorkais que d'homme politique. Une cinquantaine de personnages de la « mafia rouge » ont approché Donald Trump et « derrière chaque mafieux rouge, chaque oligarque, chaque entremetteur de business, il y a un tchékiste [membre des services] ». Le chef mafieux Viatcheslav Ivankov, dit « Iapontchik » (« le petit Japonais »), avait son QG jusqu’en 2004 dans la Trump Tower, à New York, décrit Régis Genté. Je crois qu'il existe une mafia internationale qui gouverne le monde depuis longtemps, qui peut expliquer la corruption de nos hommes politiques, genre Sarkozy et consort.

Régis Genté avait prévu dans son livre que : le retour à la tête des États-Unis de Trump laisserait augurer de grands changements dans le monde. Certes, Washington soutient nombre de dictatures, mais elle soutient aussi quantité de régimes animés par une dynamique démocratique. Mais Donald Trump est plus intéressé à épauler des gouvernements autoritaires comme celui de Viktor Orbán en Hongrie. « Trump [dès sa réélection] a montré qu’il était plus déterminé à gouverner "sans les "adults in the room" qui font vivre et perdurer les institutions américaines. À bien des égards, (...)
Ce serait un monde en partie, en grande partie probablement, poutino-trumpien. (…) parce que Trump et Poutine sont en phase sur des choses essentielles : leur aversion pour la démocratie, leur passion pour la grandeur de l’État et le mépris des peuples qui va avec, un certain culte de la force, la soumission de la vérité à la politique… » dit Régis Genté.

Lors de la rencontre de Trump et de Steve Bannon, un ex de la banque Goldman Sachs reconverti en gourou des médias d’extrême droite, « Trump s’exclame. C’est exactement ce que je suis, un « populariste. » Bannon le corrige : on dit « populiste ». « Ouais, populariste », répète Trump. Trump loue Jair Bolsonaro, le « Trump tropical » à la tête du Brésil, le Philippin Rodrigo Duterte et Viktor Orbán. « Quid du reniement par le Rassemblement national en France de nombre de ses mesures phares alors que s’approchait la perspective d’accéder au pouvoir au début de l’été 2024 ? »

Le camp Trump s’est trouvé un allié de poids sur le terrain de l’information avec la Silicon Valley. Les stars de la « tech », Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, a financé la campagne des Républicains à hauteur de 45 millions de dollars par mois. Le virage très à droite d’une partie de la Silicon Valley date de 2020. "Le capital-risqueur Marc Andreessen a par exemple publié un « Manifeste techno-optimiste » où il fait l’éloge du « technosolutionnisme » et présente l’intelligence artificielle comme la solution à tous les problèmes de l’humanité. Il y cite le Manifeste du futurisme du fascisme italien. Elon Musk et Twitter (rebaptisé X), les trolls russes et les complotistes [de la techno-sphère de tout poil] « s’opposent à ce que l’humanité soit freinée par un égalitarisme déplacé », résume Maya Kandel.

Musk prend de plus en plus le parti de la Russie et oublie son plan de « Paix Ukraine-Russie ». Il a déclaré que Poutine « ne peut pas perdre la guerre avec l’Ukraine » en s'affichant auprès de sénateurs républicains opposés au vote des 61 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine au printemps 2024. Trump s’attaque aux institutions des États-Unis, mais cela prendra du temps. Déjà lors de son premier mandat, « tout s’est trouvé soudain politisé et objet de polémiques ». « Le procureur général William P. Barr a exercé son influence en (…) accordant à Trump des pouvoirs impériaux… », écrit Craig Unger.Trump aura besoin de Poutine pour asseoir une dictature aux USA.

Trump s’inscrit [ou prétexte] dans les pas de Barack Obama élu en 2008 sur un programme non interventionniste, suite aux interventions catastrophiques de George Bush en Afghanistan et en Irak. D’où le "reset" de la relation avec Moscou, pour mieux se concentrer, il est vrai, sur la Chine. En 2013, lors du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg, Obama a proposé à Poutine que : s’il forçait Assad à se débarrasser des armes chimiques, Washington ne frapperait pas la Syrie. Ce faux deal ouvrira la voie à l’intervention russe en Syrie, à l’automne 2015.

Trump « se plaint que les États-Unis dépensent trop d’argent pour l’OTAN » et que les généraux sont des « crétins ». On lui explique que la présence des USA en Corée du Sud permet de surveiller les activités militaires chinoises. « Je m’en fous vraiment », lâche-t-il, pour la plus grande satisfaction de Poutine. Car le refus d’une politique étrangère enracinée dans les quatorze points de Wilson (libre-échange pour pacifier le monde, promotion de la démocratie, désarmement…) va de pair chez Trump avec le fait de nier les petits pays et de soutenir les hommes forts, etc. Les politiques étrangères trumpienne et poutinienne s’opposent à la démocratie dans le monde, sans oublier que la Chine soutient la Russie politiquement. Car, lors de la réception de Xi Jinping à Moscou en mars 2023, le dirigeant chinois a dit à Poutine : « Il se passe des changements que nous n’avons pas vus depuis cent ans et c’est nous, ensemble, qui conduisons ces changements. »

Si Trump président, se présente comme un pacifiste, son alliance avec Poutine, sa versatilité et son absence de morale pourraient bien le faire changer d'avis.

Jean-paul Alonso, Saintes, le 15/02/2025.

J'ai toujours refusé d'abdiquer, d'où mes nombreux essais pour redonner aux peuples leur souveraineté. Il est grand temps d'agir !

Recension effectué d'après le ebook, commande n° P17969133, acheté sur Cultura.com le 13/02/2025.


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