Un monde poutino-trumpien !
Recension Jean-paul Alonso du livre
Notre homme à Washington -
Trump dans la main des Russes,
de
Régis Genté, aux éditions Grasset, paru en janvier 2025, que je
qualifie comme étant la mise en lumière d'une mafia internationale
à la tête du monde.
Donald
Trump a entretenu pendant plus de 40 ans des relations avec des
diplomates, des espions, des mafieux et des oligarques russes autant
sous l’URSS que la Russie. Cette collaboration lui a permis de
prospérer autant dans ses affaires de promoteur immobilier
new-yorkais que d'homme politique. Une cinquantaine de personnages de
la « mafia rouge » ont approché Donald Trump et
« derrière chaque mafieux rouge, chaque oligarque, chaque
entremetteur de business, il y a un tchékiste [membre des
services] ». Le chef mafieux Viatcheslav Ivankov, dit
« Iapontchik » (« le petit Japonais »), avait
son QG jusqu’en 2004 dans la Trump Tower, à New York,
décrit Régis Genté. Je crois qu'il existe une mafia internationale
qui gouverne le monde depuis longtemps, qui peut expliquer la
corruption de nos hommes politiques, genre Sarkozy et consort.
Régis
Genté avait prévu dans son livre que : le retour à la tête des
États-Unis de Trump laisserait augurer de grands changements dans le
monde. Certes, Washington soutient nombre de dictatures, mais elle
soutient aussi quantité de régimes animés par une dynamique
démocratique. Mais Donald Trump est plus intéressé à épauler des
gouvernements autoritaires comme celui de Viktor Orbán en Hongrie.
« Trump [dès sa réélection] a montré qu’il était plus
déterminé à gouverner "sans les "adults in the
room" qui font vivre et perdurer les institutions américaines.
À bien des égards, (...) Ce serait
un monde en partie, en grande partie
probablement, poutino-trumpien.
(…) parce que Trump et Poutine sont en phase sur des choses
essentielles : leur aversion pour la démocratie, leur passion
pour la grandeur de l’État et le mépris des peuples qui va avec,
un certain culte de la force, la soumission de la vérité à la
politique… » dit Régis Genté.
Lors de la rencontre
de Trump et de Steve Bannon, un ex de la banque Goldman Sachs
reconverti en gourou des médias d’extrême droite, « Trump
s’exclame. C’est exactement ce que je suis, un « populariste. »
Bannon le corrige : on dit « populiste ». « Ouais,
populariste », répète Trump. Trump loue Jair Bolsonaro, le
« Trump tropical » à la tête du Brésil, le Philippin
Rodrigo Duterte et Viktor Orbán. « Quid du reniement par le
Rassemblement national en France de nombre de ses mesures phares
alors que s’approchait la perspective d’accéder au pouvoir au
début de l’été 2024 ? »
Le camp Trump s’est
trouvé un allié de poids sur le terrain de l’information avec
la Silicon Valley. Les stars de la « tech », Elon Musk,
l’homme le plus riche du monde, a financé la campagne des
Républicains à hauteur de 45 millions de dollars par mois. Le
virage très à droite d’une partie de la Silicon Valley date de
2020. "Le capital-risqueur Marc Andreessen a par exemple publié
un « Manifeste techno-optimiste » où il fait l’éloge
du « technosolutionnisme » et présente l’intelligence
artificielle comme la solution à tous les problèmes de l’humanité.
Il y cite le Manifeste du futurisme du fascisme italien. Elon
Musk et Twitter (rebaptisé X), les trolls russes et les complotistes
[de la techno-sphère de tout poil] « s’opposent à ce que
l’humanité soit freinée par un égalitarisme déplacé »,
résume Maya Kandel.
Musk prend de plus en plus le parti de
la Russie et oublie son plan de « Paix Ukraine-Russie ».
Il a déclaré que Poutine « ne peut pas perdre la guerre avec
l’Ukraine » en s'affichant auprès de sénateurs républicains
opposés au vote des 61 milliards de dollars d’aide à
l’Ukraine au printemps 2024. Trump s’attaque aux institutions des
États-Unis, mais cela prendra du temps. Déjà lors de son premier
mandat, « tout s’est trouvé soudain politisé et objet de
polémiques ». « Le procureur général William P. Barr
a exercé son influence en (…) accordant à Trump des pouvoirs
impériaux… », écrit Craig Unger.Trump aura besoin de
Poutine pour asseoir une dictature aux USA.
Trump s’inscrit
[ou prétexte] dans les pas de Barack Obama élu en 2008 sur un
programme non interventionniste, suite aux interventions
catastrophiques de George Bush en Afghanistan et en Irak. D’où
le "reset" de la relation avec Moscou, pour mieux
se concentrer, il est vrai, sur la Chine. En 2013, lors du sommet du
G20 à Saint-Pétersbourg, Obama a proposé à Poutine que :
s’il forçait Assad à se débarrasser des armes chimiques,
Washington ne frapperait pas la Syrie. Ce faux deal ouvrira la voie à
l’intervention russe en Syrie, à l’automne 2015.
Trump
« se plaint que les États-Unis dépensent trop d’argent pour
l’OTAN » et que les généraux sont des « crétins ».
On lui explique que la présence des USA en Corée du Sud permet de
surveiller les activités militaires chinoises. « Je m’en
fous vraiment », lâche-t-il, pour la plus grande satisfaction
de Poutine. Car le refus d’une politique étrangère enracinée
dans les quatorze points de Wilson (libre-échange pour pacifier le
monde, promotion de la démocratie, désarmement…) va de pair chez
Trump avec le fait de nier les petits pays et de soutenir les hommes
forts, etc. Les politiques étrangères trumpienne et poutinienne
s’opposent à la démocratie dans le monde, sans oublier que la
Chine soutient la Russie politiquement. Car, lors de la réception de
Xi Jinping à Moscou en mars 2023, le dirigeant chinois a dit à
Poutine : « Il se passe des changements que nous n’avons
pas vus depuis cent ans et c’est nous, ensemble, qui
conduisons ces changements. »
Si Trump président, se présente comme un pacifiste, son alliance avec Poutine, sa versatilité et son absence de morale pourraient bien le faire changer d'avis.
Jean-paul Alonso, Saintes, le 15/02/2025.
J'ai toujours refusé d'abdiquer, d'où mes nombreux essais pour redonner aux peuples leur souveraineté. Il est grand temps d'agir !
Recension effectué d'après le ebook, commande n° P17969133, acheté sur Cultura.com le 13/02/2025.


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